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Agrément COBAC : procédure, dossier et capital minimum 2026

L'agrément d'une banque en zone CEMAC se demande auprès du ministre des Finances de l'État d'implantation. Ce ministre ne peut toutefois rien délivrer sans l'avis conforme de la Commission bancaire de l'Afrique centrale. Depuis le 1er janvier 2026, le capital social minimum d'une banque est passé de 10 à 25 milliards de FCFA. Voici le déroulé réel de la procédure et ce que la COBAC examine.

Joseph-Denis Njayou Oyong·

# Comment obtenir un agrément COBAC ?

L'agrément d'une banque en zone CEMAC se demande auprès du ministre des Finances de l'État d'implantation. Ce ministre ne peut toutefois rien délivrer sans l'avis conforme de la Commission bancaire de l'Afrique centrale. Depuis le 1er janvier 2026, le capital social minimum d'une banque est passé de 10 à 25 milliards de FCFA. Voici le déroulé réel de la procédure et ce que la COBAC examine.

La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale réunit six États, le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. Chacun garde la compétence formelle d'agréer les établissements de crédit sur son territoire. Aucun ne l'exerce seul. La Commission bancaire de l'Afrique centrale, créée par la convention du 16 octobre 1990 portant harmonisation de la réglementation bancaire dans les États de l'Afrique centrale, doit rendre un avis conforme avant toute décision. Un avis conforme lie l'autorité qui le sollicite. Lorsque la COBAC s'y oppose, l'agrément ne peut pas être accordé, quelle que soit la position du ministre.

Cette architecture explique la durée des dossiers. Le promoteur ne traite pas avec un seul interlocuteur mais avec deux autorités successives, dont l'une se trouve à Libreville et l'autre dans la capitale de l'État visé.

Qui dépose le dossier, et auprès de qui

Le demandeur s'adresse à l'autorité monétaire nationale, c'est-à-dire au ministre chargé des Finances. Au Cameroun, le dossier se dépose en double exemplaire auprès de la Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monétaire, contre récépissé, chaque demande portant un timbre de 25 000 FCFA.

Un comité d'agrément présidé par le directeur général du Trésor vérifie d'abord que le dossier est complet. Il l'instruit avec des représentants des professions concernées. Les dossiers jugés complets partent ensuite à la COBAC. L'instruction suit donc une navette entre le ministère, la Commission bancaire et le ministère à nouveau. Les délais réglementaires peuvent être suspendus lorsque la Commission demande des pièces complémentaires, ce qui arrive souvent.

La décision finale prend la forme d'un arrêté du ministre des Finances. Elle intervient après que la COBAC a donné son avis, jamais avant.

Ce que la COBAC examine vraiment

La Commission bancaire ne se contente pas de compter les pièces du dossier. Son examen porte sur quatre terrains.

Elle apprécie d'abord l'actionnariat, son origine, sa solidité et sa capacité à soutenir l'établissement en cas de difficulté. Un capital souscrit ne suffit pas si rien n'indique que les actionnaires pourront le reconstituer.

Elle examine ensuite les dirigeants. La Commission vérifie leur compétence professionnelle, leur expérience du métier bancaire et leur honorabilité. Elle recherche les conflits d'intérêts, notamment lorsqu'un dirigeant pressenti exerce par ailleurs une activité susceptible d'entrer en concurrence avec l'établissement ou d'en dépendre.

Elle contrôle la gouvernance projetée, la composition du conseil, l'existence de comités spécialisés, l'indépendance des fonctions de contrôle. Le règlement COBAC R-2017/03 relatif à la gouvernance des établissements de crédit fixe ici le standard attendu.

Elle apprécie enfin le programme d'activité, le modèle économique, les prévisions et le dispositif de contrôle interne. Le règlement COBAC R-2016/04, qui a refondu le dispositif de contrôle interne et intégré les standards de Bâle ainsi que les exigences renforcées en matière de lutte contre le blanchiment, sert de référence.

Les commissaires aux comptes pressentis font eux aussi l'objet d'un examen, car la Commission entend s'assurer que la certification des comptes sera assurée par des professionnels dont elle accepte la désignation.

Le capital minimum a changé au 1er janvier 2026

Le règlement COBAC R-2025/02, adopté le 10 décembre 2025 à Libreville, a relevé le capital social minimum des établissements de crédit. Le plancher applicable aux banques est passé de 10 à 25 milliards de FCFA, soit une hausse de 150 %. Celui des établissements financiers a été porté à 4 milliards de FCFA. Ces montants s'appliquent depuis le 1er janvier 2026.

Pour un promoteur qui prépare aujourd'hui un dossier, la conséquence est directe. Le plan de financement doit reposer sur le nouveau seuil, et non sur celui qui figure encore dans de nombreux documents en circulation.

Pour les établissements déjà agréés, un calendrier de mise en conformité a été ouvert. Les banques qui ne peuvent pas atteindre immédiatement le seuil doivent présenter un plan avant le 30 juin 2026, puis franchir des paliers intermédiaires jusqu'au 31 décembre 2029. Plusieurs établissements ont choisi d'anticiper, parfois par simple incorporation de réserves au capital, sans faire appel au marché.

L'agrément unique, et ce qu'il dispense de refaire

Un établissement agréé dans un État membre peut s'implanter dans un autre État de la CEMAC sans reprendre une procédure d'agrément complète. Ce principe, souvent désigné comme l'agrément unique, vise à éviter qu'un groupe bancaire régional doive constituer six dossiers distincts pour six implantations.

L'agrément unique ne supprime pas toute formalité. L'établissement reste tenu de déclarer son implantation et de respecter les règles de l'État d'accueil. Il transforme en revanche une demande d'agrément en une procédure allégée, ce qui change l'économie d'un projet d'expansion régionale.

Les erreurs qui coûtent le plus de temps

Trois faiblesses reviennent dans les dossiers qui s'enlisent.

La première tient au dossier incomplet au dépôt. Le comité d'agrément ne transmet pas un dossier lacunaire à la COBAC. Chaque pièce manquante repousse le point de départ réel de l'instruction.

La deuxième tient à la gouvernance décrite en termes généraux. Un organigramme ne vaut pas un dispositif. La Commission attend des procédures écrites d'identification, d'évaluation et de contrôle des risques, et l'indication des moyens humains et techniques effectivement affectés aux fonctions de contrôle.

La troisième tient aux dirigeants pressentis. Un dossier solide sur le papier se heurte au refus lorsque les personnes désignées n'ont pas l'expérience bancaire attendue, ou lorsque leur situation personnelle soulève une question d'honorabilité. Il vaut mieux traiter ce point avant le dépôt qu'après un avis défavorable.

Où se forme-t-on à ce cadre

Les règlements COBAC ne se lisent pas isolément. Le dispositif prudentiel, la gouvernance, le contrôle interne et le dispositif de lutte contre le blanchiment forment un ensemble dont chaque texte renvoie aux autres.

La certification CFSI-Conformité Financière CEMAC consacre des chapitres complets à ce cadre, du calcul des ratios prudentiels au reporting attendu par la Commission, en passant par l'organisation du contrôle interne. Elle s'adresse aux responsables conformité, aux auditeurs internes et aux cadres financiers des établissements assujettis. Elle repose sur les textes en vigueur, dont les règlements cités dans cet article.

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